Actualités nationales
Rétrospective 2005
La solidarité entre l’élan et l’intelligence
Parce que la politique de solidarité opte de plus en plus, en Tunisie, sur l’implication des populations marginalisées dans les circuits de la production économique, elle s’appuie essentiellement sur des mécanismes de développement de l’emploi.
Le premier mécanisme, entièrement dévoué à la lutte contre la pauvreté, à savoir le Fonds 26-26, a vu son action bénéficier ces dernières années du renfort de deux autres mécanismes, qui illustrent cette option stratégique en faveur de l’emploi : la Banque tunisienne de solidarité, créée en 1997 et, d’un autre côté, le Fonds 21-21 qui, depuis sa création, a été à l’origine de quelque 546.000 postes d’adaptation et d’insertion professionnelle.
L’idée ici est de ne pas se contenter de faire reculer la pauvreté dans nos régions et dans certains quartiers de nos villes, mais de faire en sorte que le recul soit durable ou irréversible.
Ces trois mécanismes mènent ensemble un travail complémentaire, en concertation avec les interventions gouvernementales en matière d’action sociale, de mise en place de nouvelles infrastructures et de promotion du développement économique.
La philosophie de la solidarité consiste à faire en sorte que l’ensemble des Tunisiens se sentent concernés par la situation de leurs concitoyens, dès lors que celle-ci manifeste qu’un droit fondamental est en cause. C’est en ce sens que, au début des années 90, se sont mobilisées les volontés pour que les droits à la nourriture, au logement, à la santé et à l’éducation soient partout assurés dans notre pays, y compris et en particulier dans les zones les plus reculées. Aujourd’hui, et parce qu’un long chemin a été accompli au service de ces droits, il s’agit pour nous de nous mobiliser afin, essentiellement, que le droit au travail — c’est-à -dire à la possibilité pour chacun de s’assurer pour lui-même et pour les siens une vie digne — soit pleinement respecté sous nos cieux.
Cette mobilisation suppose de notre part que nous ayons à l’esprit deux éléments. D’abord, que l’emploi permet de faire des bénéficiaires des mécanismes de solidarité des alliés actifs en tant que créateurs potentiels de nouveaux emplois à travers le développement de leurs projets. Il ne s’agit pas seulement, par conséquent, de répondre à l’appel d’un droit sacré, mais aussi d’œuvrer à démultiplier à l’infini les acteurs des interventions en faisant de la population cible une population qui cible à son tour de nouveaux bénéficiaires. De ce point de vue, il faut rappeler le rôle tout à fait essentiel que sont amenées à jouer les associations de développement, en tant que distributeurs de micro-crédit, mais aussi et surtout en tant qu’agents d’encadrement et qu’accompagnateurs de ce processus de conversion stratégique.
Ensuite, pour que cette sorte d’effet d’entraînement salutaire de la politique de l’emploi se répande de la façon la plus large et la plus durable, il faut d’emblée s’inscrire dans une logique d’économie moderne et innovante. C’est la raison pour laquelle la politique de solidarité met un accent tout particulier sur l’emploi des jeunes diplômés et sur le développement des nouvelles technologies, en veillant à ce que l’initiation à ces technologies soit assurée dans les zones défavorisées. Il s’agit, en quelque sorte, de veiller à ce que cette politique bénéficie de vecteurs de propagation efficaces.
C’est dans ce cadre précis que prennent tout leur sens les actions récentes du Fonds de solidarité nationale en vue de doter les étudiants issus de familles nécessiteuses de micro-ordinateurs ou d’équiper dans les écoles les clubs d’informatique.
Mais la politique de solidarité de l’année 2005 consiste aussi à assurer un travail de traitement de la pauvreté partout où elle persiste et partout où elle se manifeste. Le 8 décembre dernier, à l’occasion de la Journée nationale de la solidarité, le Président Ben Ali a insisté à ce propos sur la nécessité d’accorder une attention particulière à certaines zones frontalières. Mais cette attention se justifie également s’agissant de certaines zones urbaines, où le FSN intervient en collaboration avec les autorités régionales et locales.
Il s’agit là d’un travail ciblé, qui est aussi de consolidation de certaines interventions engagées par le passé.
Enfin, la politique tunisienne de solidarité, à travers ses derniers développements, réserve une place importante à la culture, à travers laquelle les jeunes de nos villes et villages, en particulier, apprennent à valoriser les richesses de leurs régions et à ancrer en eux-mêmes l’amour de leur pays.
Au fur et à mesure des années, la générosité des Tunisiens au service de leurs concitoyens et de la cause de la dignité partagée s’ancre dans les habitudes. L’année 2005 n’a pas fait exception, mais rien n’interdit d’espérer que la fête de la solidarité soit chaque année plus grande encore que l’année précédente...
Raouf