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anbei ein Artikel von letztem Freitag aus der CH.

TUNISIE: Le président est malade malgré les dénégations officielles. Gros enjeux politiques autant qu'économiques

par: José Garçon
La Liberté, du vendredi 13 juin 2003
http://www.laliberté.ch
La maladie de Ben Ali alimente les rumeursTUNISIE · Le président est malade malgré les dénégations officielles. Gros enjeux politiques autant qu'économiques. La Liberté, Fribourg-Suissevendredi 13 juin 2003, 1er CahierJosé Garçon Jeune Tunisienne de Paris, Leïla ne se reconnaît plus. Pas un jour désormais où elle ne guette les apparitions du président Zine Ben Ali - «amaigri, les traits tirés», assure-t-elle - à la télévision nationale. Il y a quelques mois, elle les fuyait, excédée de voir le raïs tunisien y camper en permanence. Aujourd'hui, le présentateur égrène toujours la litanie des ministres «reçus par le président». Mais sans l'image. Même chose en une des quotidiens: les traditionnelles photos de Ben Ali s'y font rares. Et cette absence, rompue seulement tous les trois ou quatre jours, alimente la rumeur qui a envahi le pays: celle de la maladie du chef de l'Etat, âgé de 67 ans et au pouvoir depuis 1987. addition d'indices «Il va bien, merci!» «Le problème, c'est que les faits parlent d'eux-mêmes», constate un expert de la situation. A l'instar des Tunisiens ou des diplomates étrangers, il additionne les «indices». Il y a d'abord l'embarras des responsables du RCD, le parti au pouvoir. Interpellés dans nombre de réunions sur la «santé du président», ils se gardent de répondre. Il y a aussi le changement d'habitudes du chef de l'Etat. Celui-ci passe désormais beaucoup de temps dans le palais de Sidi Bou Saïd. «La seule certitude, constate un expert de la situation, porte sur un cancer de la prostate ou des glandes séminales avec métastase, traité notamment par des médecins allemands, tandis que son médecin personnel, qui s'était vu reprocher de n'avoir pas diagnostiqué assez tôt la maladie présidentielle, est désormais à plein temps au palais.» lointaine élection Une évolution politique majeure semble conforter ces indices: le peu d'empressement de la presse à évoquer 2004, c'est-à-dire la future élection présidentielle. Cette échéance avait pourtant mobilisé, l'an dernier, toutes les énergies de Zine Ben Ali. Et scandalisé l'opposition. Soucieux de se garantir une présidence - et une impunité - à vie, le chef de l'Etat avait procédé à une révision constitutionnelle par référendum en mai 2002. «Il s'est cru obligé de changer 38 articles de la Constitution pour n'en faire passer en réalité qu'un seul: celui qui lui assurait la présidence à vie», résume un homme d'affaires. Or, curieusement, 2004 semble avoir disparu de l'horizon, tandis que Tunis bruisse de rumeurs évoquant la volonté de Ben Ali de créer un poste de vice-président. Pour les connaisseurs de Carthage, le signe le plus tangible de la maladie de Ben Ali réside dans l'exacerbation des conflits au sein de «la famille», euphémisme pudique désignant les clans qui s'affrontent dans l'entourage présidentiel proche. «L'exemple syrien a montré qu'un chef puissant et avisé peut léguer tout un pays en héritage au fils et au clan», remarque l'ex-président de la Ligue des droits de l'homme, Moncef Marzouki, qui ne perd pas une occasion d'évoquer une nécessaire «immunité» pour les détournements financiers, nécessité oblige de rassurer le fameux «entourage présidentiel». En réalité, la question de la maladie - et donc de la succession - est largement prise en compte par les milieux diplomatiques, même si le sujet reste tabou. Elle se pose avec d'autant plus d'acuité que l'opposition apparaît trop «faible» pour peser sur le cours des événements qui surviennent au moment où le «miracle économique tunisien» marque le pas. La mise en coupe réglée de l'économie par «la famille» fait hésiter les investisseurs étrangers. Et le tourisme, à peine remis du 11 septembre, a replongé après les attentats de Djerba et de Casablanca. Or, ce secteur représente 8% du produit intérieur brut et fait vivre des centaines de milliers de personnes, alors que le taux de chômage officiel est de 16%, sans parler du sous-emploi. Ce ralentissement économique, s'il se perpétue, risque de poser un réel problème à un régime qui a toujours argué d'un «bilan économique et social positif» pour rejeter les critiques de ses opposants. Que Ben Ali soit ou non en bonne santé. Publié mardi, le dernier rapport d'Amnesty International sur la Tunisie rappelle ainsi qu'«un fossé sépare toujours les principes proclamés par les pouvoirs publics et la réalité telle qu'elle est vécue par les Tunisiens». Un projet de loi présenté au parlement lui donne raison. Ce texte prévoit six mois de prison et 5000 dinars d'amende (3800 euros) pour tout citoyen tunisien qui critiquerait son pays - comprendre le régime - sur des télévisions ou des médias étrangers....